Vous avez essayé ChatGPT.
Vous lui avez demandé un e-mail, des idées pour votre activité ou une présentation. La réponse était propre. Bien organisée. Avec quelques expressions que vous n'auriez jamais utilisées.
Puis vous avez réécrit la moitié.
Verdict : « C'est impressionnant, mais je vais aussi vite tout seul. »
Avant de refermer l'onglet, regardez ce que vous lui aviez donné. Une consigne de deux lignes ? Sans expliquer le client, le contexte, les contraintes ni ce qui distingue un bon résultat d'un mauvais ?
Vous avez vingt ans d'expérience. ChatGPT n'en a reçu que deux phrases.
C'est souvent là que le travail commence.
Votre expérience contient le brief que l'IA n'a pas
Dans votre métier, vous savez qu'un client qui demande une remise ne cherche pas toujours un prix plus bas. Qu'une réunion sans décision prépare souvent la suivante. Qu'une proposition peut être techniquement excellente et commercialement à côté.
Vous connaissez les formulations qui rassurent, les détails qui inquiètent et les promesses qu'il vaut mieux éviter.
Ces repères influencent votre travail sans que vous ayez besoin de les écrire.
L'IA, elle, ne connaît pas automatiquement votre entreprise, vos interlocuteurs ou vos habitudes. Lorsqu'ils manquent, elle peut produire une réponse passe‑partout ou compléter les blancs avec des suppositions.
« Vous avez un ChatGPT qui est complètement vierge. Il ne sait pas qui vous êtes, ce que vous faites, comment vous avez envie de travailler avec lui. […] Donc, toutes vos réponses vont être forcément basiques. »
Arthur Mitaine-AlberolaFormateur IA · ILEV Campus
Arthur, qui forme nos stagiaires à l'IA, en tire son premier conseil : donner à ChatGPT le contexte de votre entreprise et de votre façon de travailler, « comme un nouveau partenaire qui vient d'intégrer la boîte ». C'est aussi ce que montre l'étude du MIT sur les projets IA en entreprise : le principal blocage vient moins de l'outil que du travail réel qu'on lui confie.
Bien utiliser l'IA commence par rendre une partie de votre jugement explicite.
Voici trois exercices pour le faire, sans automatisation compliquée ni nouveau logiciel à installer.
Les situations ci-dessous sont des exemples d'entraînement, pas des témoignages clients.
1. Un e-mail délicat : lui donner les faits avant de lui demander le ton
Prenons une situation simple : une livraison prévue mercredi arrivera finalement vendredi. Vous devez prévenir le client.
La demande habituelle :
Écris un e-mail professionnel pour annoncer un retard.
Vous risquez d'obtenir une formule élégante, des excuses interminables et une explication que personne ne vous a donnée.
Essayez plutôt ce brief, utilisable tel quel :
Je dois prévenir un client d'un retard de livraison.
Faits confirmés : la livraison était prévue mercredi ; la nouvelle date confirmée est vendredi. La cause du retard n'est pas confirmée.
Objectif : annoncer clairement le changement et préserver la relation.
Contraintes : ne pas inventer d'explication, de compensation ou de garantie. Ne pas minimiser la gêne.
Ton : direct, courtois, sans formules administratives.
Rédige un e-mail de moins de 120 mots. Termine en proposant un point de suivi jeudi. Si une information te manque, signale-la séparément.
Vous venez de transmettre ce qu'un collaborateur aurait besoin de savoir pour travailler correctement.
Ce que vous vérifiez : les dates, les engagements, le ton et l'absence d'information inventée.
Ce que vous gardez : le brief. La prochaine fois, vous remplacez les faits au lieu de repartir d'une page blanche.
2. Une réunion : faire émerger les décisions qui manquent
Après une réunion, vous avez des notes. Des idées, des objections, quelques actions. Tout le monde a parlé ; personne n'a forcément retenu la même chose.
Demander « résume ces notes » peut produire un texte agréable sans résoudre le problème.
Le besoin utile est plus précis : distinguer ce qui a été décidé de ce qui reste à trancher.
Sur des notes fictives ou des informations autorisées dans votre outil, testez :
À partir des notes ci-dessous, prépare un tableau avec quatre colonnes : décision ou action, responsable explicitement nommé, échéance explicitement indiquée, point restant à confirmer.
Sépare les décisions prises des propositions discutées.
N'attribue jamais un responsable ou une date par déduction. Écris « non précisé » lorsque l'information manque.
Termine par les trois questions à poser pour rendre ce compte rendu exploitable.
Le résultat attendu n'est pas un résumé plus long. C'est un document qui permet de savoir quoi faire ensuite.
Ce que vous vérifiez : aucune proposition ne doit devenir une décision par magie.
Ce que vous gardez : une structure commune pour vos prochains comptes rendus.
L'IA ne peut pas décider à votre place qui devait faire quoi. Elle peut vous aider à repérer que personne ne l'a décidé.
3. Une proposition commerciale : tester sa clarté avant de l'envoyer
Vous connaissez votre offre. Votre prospect, beaucoup moins.
À force de travailler sur un sujet, on finit par oublier ce qui mérite une explication.
Prenez un extrait anonymisé de votre proposition et demandez :
Relis cette proposition comme un prospect qui connaît son besoin, mais pas nos méthodes.
Repère :
1. Les phrases trop vagues.
2. Les bénéfices annoncés sans preuve.
3. Les termes qui demandent une explication.
4. Les questions importantes auxquelles le document ne répond pas.
Pour chaque point, cite le passage concerné et explique la difficulté. Propose une correction uniquement à partir des informations présentes. N'invente aucun résultat client, chiffre ou engagement.
Vous utilisez alors l'IA comme un premier lecteur critique.
Ce que vous vérifiez : ses objections sont-elles pertinentes pour votre véritable client ? Ses corrections respectent-elles votre offre ?
Ce que vous gardez : une liste de vérification avant envoi.
Votre connaissance du terrain reste essentielle. Certaines suggestions seront utiles. D'autres pourront rendre votre proposition plus lisse et moins convaincante. À vous de faire le tri.
Le bon indicateur : combien de travail reste‑t‑il derrière ?
Une réponse obtenue en dix secondes n'est pas forcément un gain de temps.
Si vous passez vingt minutes à corriger ce que vous auriez rédigé en quinze, le calcul est vite fait.
Sur trois utilisations comparables, notez :
| Ce que vous mesurez | Ce que vous incluez |
|---|---|
| Le temps habituel | Préparation, rédaction et vérification sans IA |
| Le temps avec IA | Brief, échanges, corrections et vérification |
| La qualité finale | Exactitude, clarté et possibilité d'utiliser le résultat |
Temps gagné = temps habituel − temps total avec IA.
Ne mesurez pas uniquement la génération. Mesurez le travail jusqu'au moment où le résultat est prêt à servir.
Pour commencer, choisissez une tâche fréquente, facile à vérifier et qui ne demande pas de partager des informations sensibles. Les exercices précédents peuvent être réalisés avec des données fictives.
Quand faut-il passer d'un essai à une formation ?
Vous pouvez déjà progresser avec ces trois briefs.
Une formation devient utile lorsque vous voulez adapter la méthode à vos propres documents, comprendre pourquoi une réponse échoue et apprendre à la corriger avec quelqu'un à vos côtés.
« On se sent un peu perdu, mais en même temps, il y a une envie d'apprendre. […] Ce qui est important pour moi, c'est l'échange avec le formateur. »
Inga, cheffe d'entreprise, 20 salariés · témoignage vidéo après la formation
Le bon objectif est concret : réussir à refaire le travail après la formation, sans dépendre du formateur.
À Levallois-Perret, ILEV Campus propose une formation IA en présentiel pensée pour les 40 ans et plus, sans prérequis technique, en groupes de 6 à 8 participants.
Deux formats sont proposés :
- Une journée, 7 heures, 900 € par participant : prendre en main les outils, formuler ses demandes et vérifier les résultats.
- Deux journées, 14 heures, 1 500 € par participant : approfondir avec des assistants, des méthodes réutilisables et un projet concret.
Les sessions se déroulent au 114 rue Jules Guesde, à Levallois-Perret. Venez avec votre ordinateur et une situation sur laquelle vous voulez avancer.
Pour voir ce que l'IA peut apporter au-delà de ces trois tâches, notre guide fait le tour : que peut réellement faire l'IA pour votre entreprise ?
Questions fréquentes
Pourquoi ChatGPT donne-t-il des réponses génériques ?
Parce qu'il ne connaît ni votre entreprise, ni votre client, ni vos critères de qualité. Sans ces informations, il produit une réponse passe‑partout ou comble les blancs par des suppositions. Plus votre demande contient de faits, d'objectifs, de contraintes et de précisions sur le ton, plus la réponse ressemble à votre travail.
Comment éviter de réexpliquer mon contexte à chaque conversation ?
Arthur, notre formateur IA, conseille de passer par les paramètres de ChatGPT et de lui demander de mémoriser des informations sur votre entreprise et votre façon de travailler. Gardez aussi vos meilleurs briefs : la fois suivante, vous changez les faits, pas la structure.
Puis-je donner des informations de mon entreprise à ChatGPT ?
Commencez avec des données fictives, ou avec des informations que votre entreprise autorise dans l'outil. Les trois exercices de cet article se font sans aucune information sensible.
Faut-il un niveau technique pour suivre la formation ?
Non. Aucun niveau technique n'est demandé : vous venez avec votre ordinateur, votre curiosité et quelques situations sur lesquelles vous aimeriez avancer.
Combien coûte la formation, et quand ont lieu les prochaines sessions ?
900 € par participant pour une journée de 7 heures, 1 500 € pour deux journées de 14 heures, en groupes de 6 à 8, au 114 rue Jules Guesde à Levallois-Perret. Prochaines sessions : mardi 6 et mercredi 7 octobre, mercredi 14 et jeudi 15 octobre 2026.
Vous avez déjà l'expérience pour juger le résultat. Apprenez maintenant à mieux préparer le travail.
